La forêt comme actif
Monétisation de la renaturation : le marché de la biodiversité et du carbone en France

Un satellite ne restaure aucun hectare. Un algorithme ne replante aucune haie. Ce que la numérisation change, ce n'est pas la nature du travail écologique — restaurer une hydrologie, changer un régime de pâturage, retirer un obstacle, gérer une espèce envahissante, préserver une succession naturelle — mais la vitesse et la fiabilité avec lesquelles on peut transformer une observation naturaliste en donnée traçable, reproductible et mobilisable dans l'instruction administrative. C'est peut-être la révolution la plus silencieuse de la décennie.

Chapitre 25. La numérisation et l'intelligence artificielle en écologie

L'écologie a longtemps reposé sur des protocoles de terrain analogiques — carnets, jumelles, comptages au petit matin. Elle dispose désormais d'un arsenal numérique capable d'observer, de modéliser et de documenter l'état d'un écosystème à des échelles inédites. Mais l'écart entre les technologies réellement opérationnelles et les promesses spéculatives reste considérable, et c'est cet écart, plus que la technologie elle-même, qui doit guider toute décision d'investissement dans le monitoring numérique.

La télédétection, entre gratuité publique et coût commercial

L'observation satellitaire se divise en deux économies distinctes. D'un côté, les programmes institutionnels comme Copernicus fournissent gratuitement les données Sentinel-2 — quatre bandes spectrales à dix mètres de résolution, avec une fréquence de revisite nominale de l'ordre de cinq jours à l'équateur grâce aux deux satellites de la constellation, plus fréquente aux latitudes moyennes ; il s'agit là d'une fréquence de prise de vue, non d'une garantie d'image exploitable, la couverture nuageuse pouvant réduire sensiblement la série réellement utilisable. Ces données servent, entre autres usages, au calcul d'indices de végétation mobilisables pour observer les zones humides, sans qu'on puisse affirmer, faute de statistique dédiée, qu'elles seraient déjà mobilisées « massivement » par l'ensemble des agences de l'eau.

De l'autre côté, la très haute résolution reste dominée par des opérateurs commerciaux, sauf en France où le dispositif DINAMIS, consortium mutualisé associant le CNES, l'IGN, le CNRS et l'INRAE, ouvre l'accès aux images SPOT 6-7 (1,5 mètre de résolution panchromatique) et Pléiades (50 centimètres) à tarif préférentiel — un dispositif conçu prioritairement pour des usagers institutionnels : les entreprises privées y accèdent surtout en tant qu'exécutantes d'une commande publique ou participantes à des projets de recherche et développement, selon des modalités souvent soumises à instruction, non comme un service gratuit ouvert à tout bureau d'études. Les grilles tarifaires des constellations purement commerciales, telles que Planet Labs, évoluent rapidement et dépendent du produit, de la surface minimale, de la licence et de la fréquence de revisite retenue ; plutôt que d'avancer des montants datés et rapidement obsolètes, il suffit de retenir qu'une observation commerciale à très haute fréquence se négocie par contrat individuel, à un niveau de prix qui reste dissuasif pour une structure isolée.

L'application française la plus aboutie de cette télédétection reste l'Occupation du Sol à Grande Échelle produite par l'IGN — un référentiel national de couverture et d'usage du sol, utile bien au-delà du seul objectif ZAN, qui distingue quatorze postes de couverture et vingt postes d'usage du sol, avec une unité minimale de deux cents mètres carrés pour le bâti. Cette base est générée par apprentissage profond à partir d'images satellites et aériennes, puis recoupée avec d'autres données publiques : l'IGN précise lui-même que la classification automatique appelle un contrôle, des corrections et des croisements avec des bases externes — l'intelligence artificielle accélère la production de cette cartographie, elle n'élimine pas le besoin de vérification.

De la reconnaissance d'espèce à la protection industrielle

L'algorithme d'entropie maximale MaxEnt figure parmi les méthodes historiquement les plus utilisées, en ingénierie écologique, pour modéliser la distribution d'une espèce à partir de données de présence seule — l'absence de détection sur le terrain ne prouvant jamais l'absence réelle —, aux côtés d'autres approches couramment employées : modèles linéaires généralisés, forêts aléatoires, arbres de régression boostés, modèles d'ensemble, ou réseaux de neurones. Ces techniques plus récentes étendent cette logique à la prédiction des risques d'espèces exotiques envahissantes ou au diagnostic précoce des dépérissements forestiers liés aux chocs climatiques.

La bioacoustique a connu une bascule notable. Le modèle ouvert BirdNET, développé conjointement par le laboratoire d'ornithologie de Cornell et l'université de Chemnitz, revendique en 2026, dans son application publique, la reconnaissance de plus de six mille espèces d'oiseaux — un chiffre supérieur à celui parfois cité de trois mille, une taxonomie élargie plus large encore existant par ailleurs sans que cela garantisse une précision pratique identique pour chacun de ces taxons. L'outil est mobilisé par des chercheurs et des projets de sciences participatives en France, sans qu'on puisse affirmer qu'il équiperait officiellement l'ensemble des observatoires participatifs du pays. Pour les chiroptères, le logiciel SonoChiro développé par Biotope identifie genre, espèce et comportement à partir des ultrasons enregistrés — mais la validation par un acousticien expert reste une pratique professionnelle rigoureuse et souvent nécessaire, sa fréquence exacte dépendant du risque d'erreur, de l'espèce concernée, de la qualité de l'enregistrement, de l'enjeu écologique, et du protocole propre à chaque agrément, plutôt que d'une norme légale uniforme imposant la vérification d'un « sous-échantillon » dans tout projet de compensation. Certains systèmes couplant caméras infrarouges et IA sont présentés, sur les parcs éoliens, comme capables de détecter un oiseau patrimonial à grande distance et de déclencher un bridage automatique des pales ; faute de source primaire précisant le système, le fabricant, la portée effectivement mesurée, le taux de détection et le taux de fausses alertes dans des conditions d'essai documentées, cette performance doit être traitée comme une allégation commerciale à vérifier, non comme une caractéristique établie du suivi écologique.

Le traitement des pièges photographiques a suivi une trajectoire comparable. Le modèle ouvert MegaDetector, initié par Microsoft, ne cherche pas à distinguer un cerf d'un renard : il sépare génériquement les images contenant un animal, un humain ou un véhicule des clichés vides, filtrant en amont une grande partie des faux positifs. Le Parc national du Mercantour l'a intégré dans son propre outil de traitement ; l'ampleur de la réduction du temps d'analyse qui en aurait résulté ne devrait être reprise qu'en référence au rapport propre du parc et au volume d'images concerné, plutôt que comme un ordre de grandeur générique.

Le drone et l'ADN environnemental

La prestation par drone a vu son coût baisser sensiblement par rapport à un levé topographique classique, sans qu'un facteur de réduction unique — trois, quatre, ou tout autre chiffre — puisse être présenté comme universel : le coût dépend de la surface, de la végétation, de la précision requise, du nombre de points d'appui, du recours au LiDAR ou à la seule photogrammétrie, de l'accessibilité du site, et des restrictions d'espace aérien. Un drone, par ailleurs, ne remplace pas un géomètre-expert lorsqu'une détermination juridiquement opposable de limites ou d'altitudes est requise. Le cadre réglementaire a lui aussi été profondément réorganisé : depuis le 1er janvier 2026, les anciens scénarios nationaux français S-1, S-2 et S-3 ont cessé de s'appliquer, au profit des scénarios standard européens — le STS-01, en vue directe sur une zone au sol contrôlée avec un drone de classe C5, et le STS-02, hors vue directe avec des observateurs de l'espace aérien sur une zone peu peuplée et contrôlée avec un drone de classe C6. Un simple enregistrement auprès de la Direction générale de l'aviation civile ne suffit pas : il faut aussi une déclaration d'exploitant conforme, la qualification du télépilote, et le respect des conditions opérationnelles propres au scénario retenu. Un point contractuel mérite, enfin, d'être vérifié avant toute commande plutôt que présumé : la propriété des données brutes et des orthomosaïques, les droits de réutilisation, la conservation des fichiers sources, la confidentialité, et l'usage promotionnel éventuel des images par le prestataire ne relèvent pas d'une règle générale du droit français, mais des termes précis du contrat signé.

L'ADN environnemental (ADNe) constitue une innovation importante en matière d'inventaire. Un prélèvement d'eau ou de sol, séquencé à haut débit, permet de détecter l'ADN présent dans l'échantillon et reconnu par les marqueurs et la base de séquences de référence utilisés — cellules mortes, mucus, matières fécales suffisent à révéler un passage. Ce n'est pas, pour autant, une liste garantie et quasi exhaustive des espèces présentes : une espèce réellement présente peut échapper à la détection, tandis qu'un ADN transporté par l'eau depuis un autre site peut, à l'inverse, produire un résultat positif trompeur — l'Office français de la biodiversité présente d'ailleurs l'ADNe comme un outil complémentaire et non invasif, non comme un inventaire garanti complet. L'entreprise française Spygen a standardisé ces protocoles pour les milieux marins et d'eau douce ; les retours d'expérience partagés par des gestionnaires de milieux aquatiques évoquent des ordres de grandeur pour certaines prestations spécifiques — de l'ordre de quelques centaines à quelques milliers d'euros selon l'analyse demandée —, sans qu'ils puissent être présentés comme des tarifs de marché nationaux comparables sans connaître le nombre d'échantillons, de sorties, de réplicats de laboratoire, le transport, le régime fiscal, le rapport rendu et le marqueur retenu. La limite technique reste, enfin, réelle : l'ADNe renseigne principalement sur la présence et la composition des communautés ; il ne remplace généralement pas les protocoles destinés à estimer la densité, la démographie ou l'état sanitaire d'une population, l'OFB rappelant que ces mesures continuent, le plus souvent, de nécessiter une observation physique ou une capture.

Ce que la blockchain n'a pas résolu

L'histoire du protocole Toucan offre une leçon qui dépasse largement le seul marché carbone. En 2021, cette initiative a permis la tokenisation de plus de vingt et un millions de crédits carbone certifiés Verra sur la blockchain Polygon. La liquidité générée fut réelle — et c'est précisément ce qui a posé problème : l'analyse a rapidement montré que la majorité des jetons s'adossaient à des crédits anciens et de qualité contestée, que le marché traditionnel avait cessé d'acheter. Le problème central n'était pas l'anonymat propre à la blockchain en tant que telle, mais la qualité des crédits sous-jacents, la représentation répétée d'un résultat déjà retiré du registre, un lien insuffisant entre le jeton et le registre officiel, et la difficulté, pour l'acheteur final, d'évaluer réellement le projet concerné. En mai 2022, Verra a interdit la création de jetons à partir de crédits déjà retirés — un retrait signifiant, précisément, que le résultat écologique avait déjà été utilisé. La leçon structurelle demeure : un registre distribué ne règle en rien le problème de l'évaluation écologique elle-même. Il faut, par ailleurs, nuancer l'idée d'un carbone parfaitement fongible : une tonne de CO2 est physiquement comparable à l'échelle mondiale, mais les crédits carbone eux-mêmes ne sont pas pleinement interchangeables — ils diffèrent selon la méthode, l'année d'émission, le risque de non-permanence, l'additionnalité, et les garanties sociales et environnementales associées. Ce sont précisément ces différences de qualité qui ont constitué le problème central de la tokenisation, non la simple substitution d'un registre papier par un registre numérique.

Des modèles plus rigoureux existent néanmoins. En Australie, la plateforme Wilderlands propose une unité représentant un mètre carré d'habitat protégé par une servitude foncière légale et financé pour vingt ans de gestion active, géoréférencée et assignable une seule fois ; la plateforme précise elle-même que cette unité n'est pas destinée à compenser la destruction de biodiversité ailleurs — c'est un instrument de financement volontaire de la conservation, non un équivalent de l'UCRR française. Les publications de CDC Biodiversité rassemblent et comparent, par ailleurs, plusieurs estimations externes selon lesquelles la demande mondiale de crédits biodiversité volontaires pourrait atteindre entre un et deux milliards de dollars annuels d'ici 2030 — des scénarios provenant de différentes organisations, non une prévision propre de la Caisse des Dépôts, et qui soulignent aussi l'absence persistante de standardisation. Il faut, enfin, préciser la nature du système français plutôt que de la résumer à un seul « registre national » : le dispositif distingue une cartographie géographique nationale des mesures compensatoires, un registre des ventes tenu par le bénéficiaire de chaque site, et une publication officielle des UCRR créées, vendues et disponibles — un ensemble centralisé et sans blockchain, mais composé de plusieurs briques distinctes plutôt que d'un registre unique remplissant toutes ces fonctions.

Interopérabilité des données

Un réseau de neurones n'apprend que de ce qu'on lui donne à voir. En France, le Système d'Information de l'Inventaire du Patrimoine Naturel impose que chaque donnée naturaliste échangée respecte un standard national inspiré du Darwin Core, avec un identifiant unique par observation et une nomenclature conforme au référentiel TAXREF. L'obligation de verser les données brutes issues d'une étude d'impact sur la plateforme de dépôt légal pèse d'abord sur le maître d'ouvrage, le bureau d'études s'en acquittant en pratique pour son compte ou dans le cadre de son contrat. Pour absorber ces contraintes, un collectif d'institutions a développé GeoNature, une suite logicielle ouverte largement utilisée et compatible avec les standards du SINP et de TAXREF — sans que la loi impose spécifiquement le recours à cet outil plutôt qu'à un autre respectant les mêmes standards. L'ancienne base régionale Cettia, en Île-de-France, a d'ailleurs migré vers les outils GeoNature fin 2021 et porte aujourd'hui le nom de GeoNat'îdF. Le vrai problème de la prochaine décennie n'est donc plus l'acquisition de la donnée par les capteurs — leur coût s'effondre — mais sa mise en cohérence sémantique et sa validation par des réseaux d'experts déjà saturés.

France et Angleterre : deux piles technologiques pour une même obligation

Depuis le 12 février 2024 pour la plupart des grands projets, et le 2 avril 2024 pour les petits sites, l'Angleterre — non l'ensemble du Royaume-Uni — impose un gain net de biodiversité d'au moins dix pour cent, mesuré par une métrique officielle, avec des exceptions et des ajustements de régime intervenus depuis. Les prix des unités privées hors site relèvent d'une négociation contractuelle libre ; les crédits statutaires publics, mécanisme de tout dernier recours, débutent à quarante-deux mille livres et sont explicitement présentés par le gouvernement britannique comme non représentatifs du marché privé — ils ne devraient donc pas être cités comme un ordre de grandeur du marché ordinaire. Le multiplicateur de risque spatial applicable aux unités privées hors site dépend de la localisation par rapport à l'autorité de planification locale, à l'aire de caractère national ou au bassin versant concerné, et réduit la valeur créditée d'une compensation éloignée ; un doublement fixe, distinct de ce multiplicateur continu, s'applique spécifiquement aux crédits statutaires, à raison de deux crédits pour chaque unité manquante. Ce cadre contraignant a favorisé le développement d'outils d'intelligence artificielle spatiale : des entreprises comme Gentian proposent une classification automatisée des parcelles par imagerie satellite selon la norme d'habitat officielle, avec des applications mobiles permettant aux écologues de valider ces cartes sur le terrain — des indicateurs de résolution ou de gain de temps avancés par ces entreprises restent des caractéristiques commerciales à valider indépendamment, non une preuve d'adoption massive de l'IA spatiale par l'ensemble du système anglais.

Le site fondateur français, la réserve de Cossure, dans la plaine de la Crau, suit une trajectoire différente. Piloté par CDC Biodiversité depuis 2008 et agréé en 2020 sur trois cent cinquante-sept hectares, il vise à recréer, à partir d'un ancien verger intensif, une végétation steppique favorable à des oiseaux menacés comme l'outarde canepetière. Son monitoring repose sur l'excellence naturaliste classique : relevés phytosociologiques, comptages printaniers selon le protocole STOC-EPS, cheminements hivernaux assurés par des partenaires naturalistes régionaux. Le financement du site s'est appuyé sur la vente de cent quatre-vingt-dix-sept unités de compensation à des maîtres d'ouvrage — un chiffre arrêté au 31 décembre 2020, à traiter comme une photographie historique plutôt que comme l'état actuel du site en 2026. Ces protocoles de suivi, comme les outils géomatiques utilisés en back-office, illustrent la pratique propre à ce projet ; ils ne constituent pas le modèle obligatoire de suivi de l'ensemble des sites France Crédits Biodiversité.

Ce qui freine, et ce qui vient

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle, adopté au printemps 2024, classe la plupart des systèmes ordinaires de reconnaissance d'espèces, sans effet sur la santé, la sécurité ou les droits des personnes, en dehors des catégories à haut risque qu'il énumère. Un système d'IA utilisé comme composant de sécurité d'une infrastructure critique — vannes de zones humides, réseaux d'eau — pourrait, en revanche, relever d'une catégorie à haut risque ; l'évaluation ordinaire d'un projet écologique en vue d'un financement ne bascule pas automatiquement dans cette catégorie, la rubrique du règlement consacrée à l'accès aux services financiers concernant avant tout l'évaluation de la solvabilité des particuliers et certaines décisions d'assurance, non le financement écologique d'une entreprise. À cela s'ajoutent deux frictions plus anciennes : l'obligation de dépôt des données brutes limite déjà la possibilité de garder confidentiels les résultats d'une étude d'impact, sans pour autant rendre ouverts les modèles retraités, les méthodes commerciales, les photographies ou les rapports d'analyse propres à chaque bureau d'études — il faut distinguer la donnée brute obligatoire du produit intellectuel du prestataire ; et le biais taxonomique persistant, qui sur-documente les oiseaux et grands mammifères tout en laissant l'entomofaune et la fonge, pourtant essentielles à la santé des sols, chroniquement sous-représentées dans les données d'entraînement.

D'ici 2030, échéance commune du cadre de Kunming-Montréal et du règlement européen sur la restauration de la nature, trois évolutions semblent possibles, sans qu'aucune ne soit garantie. Le coût matériel des capteurs passifs pourrait continuer de s'effondrer, déplaçant l'expertise humaine de la collecte vers l'audit des algorithmes. La télédétection à très haute résolution pourrait cesser d'être un simple appui à l'état initial pour devenir un outil central du suivi décennal des obligations de restauration. Et la blockchain, si elle survit à sa crise de crédibilité, devra probablement renoncer à tokeniser des crédits pour se contenter d'un rôle plus modeste : garantir l'intégrité et l'horodatage d'une donnée après sa validation, sans certifier la véracité écologique de son contenu — ce qu'un registre distribué peut prouver, à savoir qu'un enregistrement n'a pas été modifié après coup, ne dit rien de la justesse d'une identification d'espèce, du bon fonctionnement d'un capteur, de l'absence de manipulation avant l'enregistrement, ou de la qualité du protocole de terrain qui l'a précédé.

L'écologue de demain ne sera pas remplacé par l'algorithme. Il sera équipé d'un exosquelette analytique — à condition d'apprendre à en vérifier chaque calcul.

Termes et références juridiques de cette page

Les notices ci-dessous reprennent les définitions du glossaire et les fiches du répertoire légal.

Glossaire

Renaturation

La renaturation désigne l'ensemble des actions destinées à rétablir le fonctionnement naturel d'un milieu ayant été artificialisé, dégradé ou profondément modifié par les activités humaines, en restaurant les processus écologiques profonds (cycles biogéochimiques, sols vivants, hydrologie).

Dans l'économie biocarbonique, c'est le levier central de création de valeur qui transforme une friche ou un sol minéralisé en actif productif.

Voir aussi : Écologie de la restauration · Actif écologique · Capital naturel · UCRR · ORE.


Glossaire

Biodiversité

La biodiversité désigne la diversité du vivant à tous les niveaux de son organisation : diversité génétique au sein des espèces, diversité des espèces elles-mêmes et diversité des écosystèmes qu'elles composent. Elle ne se résume donc pas au nombre d'espèces présentes sur un territoire ; elle décrit également les relations fonctionnelles qui permettent à un milieu naturel de se maintenir, de s'adapter et d'évoluer dans le temps.

Pendant longtemps, la biodiversité a principalement été considérée comme un patrimoine naturel devant être protégé. Aujourd'hui, elle est également reconnue comme un capital indispensable au fonctionnement des sociétés humaines. Production alimentaire, qualité de l'eau, fertilité des sols, pollinisation, régulation du climat, limitation des risques naturels ou encore santé publique dépendent directement du bon fonctionnement des écosystèmes.

Dans le modèle français présenté dans cet ouvrage, la biodiversité devient également un objet de mesure, de restauration et de valorisation. Les gains écologiques produits par certains projets peuvent être évalués selon des méthodologies scientifiques reconnues et, dans des conditions précises, donner lieu à la production d'unités écologiques destinées à répondre aux obligations réglementaires ou aux engagements volontaires des acteurs économiques.

Ainsi, la biodiversité ne constitue plus seulement un objectif de protection ; elle devient progressivement un élément structurant de la nouvelle économie du foncier.

Voir aussi : Capital naturel · Services écosystémiques · UCRR · Renaturation · Compensation écologique.


Glossaire

Zone humide

Une zone humide est un espace (marais, tourbière, ripisylve) où l'eau est présente de manière permanente ou temporaire et détermine les caractéristiques des sols et de la végétation. Écosystèmes ultra-précieux, protégés par des polices de l'eau strictes, ils illustrent parfaitement la production multi-valeurs (filtration, tamponnage des crues, carbone).

Voir aussi : Agence de l'eau · Renaturation · Services écosystémiques · Stacking · Biodiversité.


Glossaire

INRAE

Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. Établissement public scientifique français concevant les référentiels de calcul des gains fonctionnels.


Glossaire

ZAN (Zéro Artificialisation Nette)

Le principe de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) constitue l'objectif législatif majeur (Loi Climat & Résilience) de la planification territoriale française : réduire de 50 % la consommation d'espaces naturels d'ici 2030, et atteindre un solde net d'artificialisation de zéro d'ici 2050, surélevant mécaniquement la valeur financière des actifs de renaturation.

Voir aussi : Artificialisation des sols · Renaturation · Actif écologique.


Glossaire

Agrément

L'agrément est l'autorisation administrative permettant à un projet de restauration écologique d'être officiellement reconnu dans le cadre du dispositif français des Sites Naturels de Compensation, de Restauration et de Renaturation. Il ne s'agit pas d'une simple validation technique mais d'une décision engageant durablement la responsabilité de l'opérateur et la reconnaissance publique de la qualité écologique du projet.

L'instruction d'un dossier d'agrément porte notamment sur la cohérence scientifique du projet, la qualité de l'état initial, la pertinence des objectifs de restauration, les garanties de gestion à long terme, la solidité financière de l'opérateur ainsi que les mécanismes juridiques assurant la pérennité des engagements pris sur le foncier.

Dans le modèle français actuel, l'agrément constitue l'un des principaux seuils d'entrée sur le marché des actifs écologiques. Il distingue un projet privé de restauration de la nature d'un site susceptible de produire des unités officiellement reconnues dans le cadre de la compensation écologique.

L'agrément représente ainsi bien davantage qu'une autorisation administrative : il constitue le point de rencontre entre la science écologique, le droit, la gestion foncière et l'économie environnementale.

Voir aussi : ORE · SNCRR · UCRR · DREAL · CSRPN · Compensation écologique.


Glossaire

Permanence

Critère fondamental de durabilité garantissant la non-réversibilité des gains écologiques ou climatiques obtenus, sanctuarisé par des garanties contractuelles (ORE) et financières.

Voir aussi : ORE · Suivi écologique.


Glossaire

UCRR (Unité de Compensation, de Restauration et de Renaturation)

L'Unité de Compensation, de Restauration et de Renaturation (UCRR) constitue l'unité écologique immatérielle produite par un SNCRR agréé. Elle représente la reconnaissance officielle par l'État d'un gain écologique fonctionnel mesurable, transférable aux maîtres d'ouvrage pour solder leurs dettes de compensation (séquence ERC).

Voir aussi : SNCRR · Agrément · ORE · Compensation écologique · Stacking.


Glossaire

CDC Biodiversité

CDC Biodiversité est une filiale de la Caisse des Dépôts spécialisée dans le développement de solutions économiques en faveur de la biodiversité. Elle a joué un rôle pionnier dans la création des premiers sites français de compensation écologique et demeure aujourd'hui l'un des principaux acteurs du marché national.

Voir aussi : Caisse des Dépôts · SNCRR · UCRR.


Glossaire

Caisse des Dépôts

La Caisse des Dépôts est un établissement public français jouant un rôle majeur dans le financement des politiques publiques et des investissements de long terme. Par l'intermédiaire de plusieurs filiales spécialisées, elle intervient notamment dans les domaines de la biodiversité, de la transition écologique, de l'aménagement du territoire et des infrastructures environnementales.

Son implication dans le développement des marchés de la biodiversité a largement contribué à structurer les premiers dispositifs français de compensation écologique.

Voir aussi : CDC Biodiversité · SNCRR · UCRR.